Le procédé de fabrication décrit ci-dessous est celui employé dans notre ateliers artisanal de Darkhan. La méthode de fabrication reste ancestral, même si elle se différencie au niveau des moyens mis en oeuvre de la méthode nomade du »roulé-tiré à cheval », qui fera l’objet d’un prochain article.
STOCKAGE DES LAINES

LE LAVAGE DES LAINES
Afin de se débarrasser des odeurs animales des bactéries et autres saletés, les laines sont soumises à un lavage en profondeur. Ni lessive, ni détergent sont utilisé, seul un lavage au savon à eau chaude est réalisé. De cette manière, on parvient à nettoyer la laine tout en conservant une partie du soin qui lui conserve toutes ces propriétés isolante.

LE SECHAGE DES LAINES

Il faut compter sur le vent frais des steppes pour pouvoir réaliser un bon séchage des laines.
LE CARDAGE DES LAINES
Une fois les laines prêtes, celles-ci sont calibrées et passées au cardage. Cette phase est indispensable afin de redresser la laine de fil à fil. D’une toison, l’on arrive à obtenir une étoffe relativement uniforme après l’avoir passée à travers un moulin à carder.

LE CALIBRAGE DES LAINES CARDEES
Lorsque l’on obtient une certaine quantité de laine cardée celles-ci sont choisies et réunies de longueurs égales.

LA TEINTURE DES LAINES CARDEES
La plupart des teintures sont réalisées de manières ancestrales. On obtient les différents coloris en bouillant des plantes, des légumes et des ocres. Une fois le coloris de la mixture bien stabilisé, on vient à tremper la laine dedans. Le temps de trempage est variable selon les coloris, cela va de 24 à 48 heures.
D’autres teintes plus complexes sont réalisées à l’aide de concentrés importés d’Allemagne. Cependant, afin de garantir l’authenticité des produits, Artisans Mongols a décidé de s’orienter vers des teintures 100% naturelles. Les collections à venir seront donc plus valorisantes envers cette phase de coloration.

LE MOUILLAGE DES LAINES : LA CREATION DU FEUTRE
C’est la phase clef de l’obtention du feutre. En mouillant les étoffes de laines cardées et teintes avec de l’eau et du savon, on obtient une pièce de laine agglomérée et compacte : le feutre. On parle de pièce de feutre pour une épaisseur usuelle d’environ 1 à 2 cm, en deçà, les petites pièces plus fines sont appelées feutrine.
Cette phase est aussi la plus délicate, elle demande un véritable sens artistique. Les artisans se munissent alors des laines de divers coloris pour les agglomérer de telles sortes à obtenir la composition recherchée. Il s’agit d’une véritable ‘’peinture à la main’’.

LA SOUPLESSE DE LA FEUTRINE
L’avantage du feutre réside dans sa constitution agglomérée qui lui confère une infinie souplesse dans le dimensionnement. Le meilleur exemple est sans conteste l’enveloppe des yourtes, le ‘’tuurga’’, qui se constitue d’une seule pièce de feutre sans aucune couture !
De même le feutre permet des créations volumétriques très intéressantes par moulage. C’est le principe de réalisation du chausson mongol qui s’obtient d’un seul tenant.